Présent sur la France depuis moins de trois ans, Masergy a arraché Eurostar à Telstra grâce à une offre de réseau international totalement virtualisée.

Masergy Communications est un opérateur d’entreprise américain créé en 2000, qui s’est déployé en Europe il y a 7 ans environ et a abordé le marché français il y a 3 ans. L’an dernier, il remportait le marché du réseau d’Eurostar. Un marché majeuret une formidable vitrine pour cet opérateur qui propose du sur-mesure à ses clients. « On sort de l’approche catalogue pour personnaliser l’ensemble des la connectivité à travers les éléments critiques pour construire un réseau à partir des besoins applicatifs de nos clients, que les applications soient sur site ou dans le Cloud ou exploitées sur un mode hybride », explique Nicolas Capitone, en charge de l’Europe du Sud chez l’opérateur.

Une approche radicalement opposée à celle des acteurs historiques internationaux qui « restent inflexibles » face aux besoins d’agilité des entreprises. Ou encore des opérateurs nationaux qui peinent à sortir la connectivité du seul territoire national. « On voit beaucoup de clients qui disent en avoir marre des gros opérateurs et veulent un interlocuteur à taille humaine pour des projets internationaux. » Sur ces points, Masergy s’illustre avec ses 500 salariés, et son propre backbone présent sur l’ensemble des places financières de la planète capable de délivrer du 10 Gbit/s.

Un opérateur flexible

Un profil qui a séduit Eurostar. « On a gagné Eurostar parce qu’ils voulaient un opérateur flexible, commente notre interlocuteur. Et que nous avons la capacité de virtualiser l’ensemble des fonctions liées au réseau. » Autrement dit, pouvoir pousser et configurer rapidement des fonctions comme des routeurs, firewall et autres systèmes d’optimisation qui, sous formes de boîtiers, nécessitent plusieurs semaines pour être déployées. Masergy a développé sa propre solution vCPE, l’unique boîtier à installer sur site et sur lequel s’installent les fonctions virtualisées. « Cela a permis à Eurostar d’avoir moins de boîtiers et d’être beaucoup plus flexible. »

A cette approche NFV, l’opérateur ajoute la virtualisation de son réseau, le SDN à partir d’une solution SD-WAN de Silverpeak pour l’offre premium (Masergy a également développé une solution interne moins évoluée pour des besoins plus modestes). « On peut changer la bande passante et la QoS, de type vidéo et voix, en temps réel », assure Nicolas Capitone. Ce qui permet de mettre en œuvre une formule « pay-as-you-go » où le client dispose du contrôle total de son réseau pour jouer dynamiquement sur sa capacité en fonction de ses besoins. « S’il y a une problématique applicative ou de réseau, le client peut monter la bande passante d’un lien de 20 à 40 Mbit/s le temps que dure l’événement et la redescendre ensuite. » Selon notre interlocuteur, « on est les seuls au monde à pouvoir délivrer de la bande passante interchangeable de site à site ».

Eurostar a eu recours à l’opérateur américain pour connecter sa cinquantaine de sites répartis entre l’Angleterre, la France, la Belgique, bientôt la Hollande, et l’Inde (où s’y opère de l’outsourcing IT). Le transporteur ferroviaire gère trois grands types de sites : les gares, le système de tickets et les besoins corporate. Enfin, Masergy dispose d’une connexion directe chez AWS. Ce qui répond parfaitement aux besoins du train international qui migre l’ensemble de ses applications dans le Cloud d’Amazon. « Ils sont très avancés en matière de ‘cloudification’ et cherchaient un réseau qui soit intégré de manière automatique à Amazon. » A la modernité de son réseau, le fournisseur y ajoute une plate-forme d’analytique du trafic par adresses IP et applications qui permet de mieux cerner les problèmes et besoins afin d’améliorer les performances.

Six mois de migration

Autant d’éléments qui ont permis à Masergy d’arracher Eurostar à son précédent fournisseur, l’opérateur australien Telstra, et aux autres concurrents présents sur l’appel d’offre. « On a senti qu’Eurostar avait un vrai besoin de changement et voulait simplifier la façon de délivrer du réseau à leurs clients internes (marketing, finance…) et externes (passagers), raconte Nicolas Capitone. Pour rassurer le prospect, on a délivré énormément de cessions de travail, de manière gratuite, pour leur montrer la maturité des fonctionnalités. »

La migration s’est déployée sur six mois environ pour une centaine de liens. « On est parti de leur pilier architecture, leur datacenter, chez Amazon en l’occurrence. On a établi des plans de migration très précis par zones géographiques pour savoir comment interagissent les applicatifs. »Pour des raisons stratégiques de sécurité et de robustesse, le client a conservé ses liens MPLS. « S’il n’y a plus de connexion sur une gare et que le train reste bloqué, l’entreprise perd des centaines de milliers d’euros », relève Nicolas Capitone pour expliquer ce choixPlus que les gains économiques, qui peuvent s’élever entre 20 et 30% grâce au SD-WAN sur des liens Internet selon le responsable, « Eurostar a surtout gagné en flexibilité et performances ».

La collaboration se poursuit à travers des réunions mensuelles pour mesurer la performance et ajuster certains sites. « Ce sont des changements plus opérationnels que stratégiques », justifie notre interlocuteur. Les solutions réseaux, WAN, SD-WAN complétées d’une offre de gestion de la sécurité assurée à partir d’un NOC d’une centaine de personnes réparties entre Dallas, Londres et les Philippines, ont séduit d’autres gros clients français. Notamment Geodis et l’équipementier automobile Sogefi. « On vient de signer un très gros contrat avec une grande entreprise française dont je ne peux pas encore dévoiler le nom », ajoute Nicolas Capitone. En 2016, Masergy a affiché une croissance de 23% pour un chiffre d’affaires de 400 millions de dollars environ. Une croissance à deux chiffres que l’entreprise réussit à maintenir depuis une dizaine d’années. La transformation du marché des télécoms joue visiblement en la faveur du modèle d’offre « mondiale mais à taille humaine » de Masergy.

Source : Silicon


Laisser un commentaire